Avis du CESE sur l’accès du plus grand nombre à la pratique d’APS

Le Conseil Economique, Social et Environnemental (CESE) était saisi sur la question de l’accès du plus grand nombre à la pratique d’activités physiques et sportives.

L’avis voté  et adopté en séance plénière du 10 juillet est présenté par Muriel HURTIS (groupe des Personnalités qualifiées) et Françoise SAUVAGEOT (Groupe des Associations) au nom de la section de l’Aménagement durable des territoires, présidée par Eveline DUHAMEL et de celle de l’Education,de la culture et de la communication présidée par Xavier NAU 

 

34 millions de personnes en France déclarent pratiquer une activité physique et sportive (APS) au moins une fois par semaine en 2010. Augmenter de trois millions (soit 10 %) le nombre de pratiquantes et pratiquants d’ici à 2024, en visant tous les publics sur tous les territoires, telle est l’ambition affichée par le Président de la République qui ouvre la saisine gouvernementale déclenchant cet avis.

En 2015, l’ensemble des fédérations sportives ont délivré 16,1 millions de licences et 2,2 millions « d’Autres titres de participation » (ATP) permettant une pratique ponctuelle. Par ailleurs, les APS les plus pratiquées (marche, natation, vélo) ne sont pas celles correspondant aux fédérations comptant les plus grands nombres de licenciées et licenciés (football et tennis).

Développer des pratiques d’APS nécessite d’une part de mieux connaitre la réalité de la couverture des territoires en équipements sportifs et d’autre part de mettre en relation avec l’adéquation entre besoins/demandes et offres de pratiques. La France dispose de 270 000 équipements sportifs en 2016. Des inégalités existent selon les territoires en termes de présence des équipements sportifs et/ou de pratiques licenciées. L’attention du CESE a été attirée par la lettre de saisine sur la spécificité de territoires connaissant des situations de carence, Quartiers prioritaires de la Ville (QPV) ou territoires ruraux. Le CESE y a ajouté un focus sur les Outre-mer, relevant des mêmes difficultés.

S’engager dans une politique de développement pour le plus grand nombre, c’est forcément mieux identifier celles et ceux qui sont, aujourd’hui, les plus écartés. L’âge est un facteur déterminant de la pratique d’APS, surtout si l’enjeu vise une démocratisation durable de celle-ci. Elle est répandue chez les plus jeunes, on assiste à de nombreuses ruptures, par exemple à l’adolescence, à l’entrée dans l’enseignement supérieur, pendant les années d’activités professionnelles ainsi qu’à la naissance du premier enfant, notamment pour les femmes.

Première inégalité  : en 2015, un peu moins de femmes (45 %) que d’hommes (50 %), âgés de 16  ans ou plus, déclarent avoir pratiqué au moins une APS au cours des 12 derniers mois. Des inégalités sociales perdurent dans la pratique des APS, en défaveur des personnes les moins qualifiées et des foyers les moins aisés. Enfin, les personnes âgées isolées ou les personnes en situation de handicap, notamment, rencontrent des difficultés majeures pour accéder à une pratique d’APS adapté.

Les enjeux de l’accès du plus grand nombre aux pratiques d’APS sont importants  : retisser des liens sociaux, construire une culture sportive pour toutes et tous, proposer des opportunités actives, de se découvrir, de s’engager, mais aussi inciter à se maintenir en bonne santé tout au long de sa vie.

Les facteurs de réussite sont liés à la volonté politique locale de coopérer dans la proximité, de valoriser toutes les ressources territoriales et un soutien régalien de l’Etat misant sur l’avenir et réduisant les déséquilibres.

Le CESE formule des préconisations développées en 5 axes :

  1. Mobiliser la population et co-construire un projet sportif de territoire ;
  2. Favoriser le développement de la pratique d’activités physiques et sportives à l’école dans l’enseignement supérieur
  3. Remédier aux principales insuffisances en matière d’équipements sportifs et améliorer leur utilisation
  4. Conforter l’accompagnement à tous les âges de la vie, prévoir des stratégies renforcées pour certains publics et miser sur la formation ;
  5. Renforcer la prise en compte durable des pratiques d’APS dans l’urbanisme et la gestion de l’espace public.

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