Compte rendu du Congrès du CNOSF

En ce mardi 03 novembre 2015, le CNOSF a réuni ses différents membres à savoir fédérations et groupements, afin d’évoquer et d’échanger sur différents thèmes d’actualité.

Trois problématiques étaient à l’ordre du jour :

– Les enjeux  du CNDS pour le Mouvement sportif,

– L’opération «  Je rêve des jeux »,

– La réforme territoriale.

20151103_160027Devant un parterre clairsemé, Denis Masseglia, a introduit ce congrès en informant les différentes parties présentes de la volonté gouvernementale d’opérer un  gel à hauteur de 8% à l’ensemble du programme sport impactant directement les conventions d’objectifs passées avec les fédérations.

Des contraintes budgétaires toujours plus importantes qui ont donné lieux à des échanges constructifs sur la suite à donner face à cette situation.

Comment définir et reconfigurer le périmètre du sport au regard des contraintes budgétaires ?

Certains interlocuteurs se sont plaints de l’extension du périmètre du sport à toujours plus d’actions sociales et sociétales (santé, égalité, place la femme, place des handicapés), sans que cela soit suivi par une hausse des budgets.

Le CNDS est, aujourd’hui, perçu comme un outil de gestion des politiques gouvernementales et non plus comme un outil de financement du sport. Un dispositif finalement plus coûteux que productif.

En conséquence et afin de ne pas être impacté par ce gel à hauteur de 8%, les groupements présents ont réagi en interpellant le ministère sur cette question afin que la variable d’ajustement ne soit plus les conventions d’objectifs mais qu’elle puisse reposer éventuellement sur le budget alloué aux plans fédéraux « citoyen sport » (qui sert de financement pour le recours au service civique).20151103_163703

Concernant l’opération «  Je rêve des jeux », Denis Masseglia a constaté l’échec actuel de sa campagne d’information, les chiffres présentés n’étant pas à la hauteur des espérances affichées. Sur les 10 millions escomptés, environ seulement 540 000 euros ont été récoltés. Il a témoigné de la nécessité d’obtenir le soutien du mouvement sportif pour trouver un second souffle devant l’apathie du public français. Mobilisation des fédérations, sensibilisation des communes, campagnes promotionnelles, tels ont été les objectifs sur lesquels Denis Masseglia a  insisté.

20151103_160058Pour faire écho à ces propos et ainsi mettre en lumière ce déficit de participation, Gérard Perreau-Bezouille, co-Président de la Fédération Française des Clubs Omnisports,  est intervenu pour présenter l’enquête portée par la FFCO à destination des clubs de la FFCO, de l’UNCU, des ASPTT et de la Fédération des cheminots au sujet de la candidature de Paris pour l’organisation des JO 2024.

Seul un travail en concertation avec la base et donc dans un rapport horizontal engendrera un sentiment d’appartenance et une volonté de participation de la part de ses acteurs. Une approche verticale à savoir se soumettre aux exigences des structures décisionnaires apparaissant comme contre-productif.

Aussi, un certain nombre de fédérations présentes ont exhorté le mouvement sportif à plus de solidarité, ce qui passe inévitablement par la mise en lumière  des acteurs de terrain.

Troisième sujet, évoqué sans réelle avancée, les implications liées à la réforme territoriale.
La compétence sport dans le cadre du projet de loi NOTRe demeure une compétence partagée entre les différents niveaux de collectivités locales (ce qui permettra de conserver une certaine forme de complémentarité à travers des cofinancements d’équipements sportifs par exemple, et ainsi de répartir les risques financiers).

Cependant, le sport n’a jamais été inscrit comme une compétence obligatoire pour les collectivités territoriales, leur laissant ainsi la possibilité d’intervenir selon leur volonté politique.

De plus, le projet de loi ne désigne pas de chef de file dans le domaine des compétences sportives (contrairement à la culture où la Région est chef de file des modalités d’action des collectivités territoriales).

Pour les fédérations, l’impact de la réforme territoriale se situe au niveau de la réorganisation des structures sur le territoire.

En effet, pour être en conformité avec la nouvelle carte des régions, le mouvement sportif français va devoir entamer un travail important de restructuration de ses instances locales.

Rendre conforme les statuts fédéraux au nouveau découpage territorial, quelles compétences accordées à ces nouvelles ligues, quels rôles pour les dirigeants de ces ligues, quel niveau de décentralisation administrative, à qui la responsabilité de la pratique sportive ? Telles sont les questions auxquelles les fédérations sportives vont devoir répondre et qui restent en suspens suite à cette réunion.