Le sport-santé au travers de l’activité physique adaptée, thérapeutique essentielle de lutte contre les maladies chroniques

Une expertise de l’INSERM met une nouvelle fois en lumière les bénéfices de l’activité physique contre dix maladies chroniques des plus fréquentes.

Une activité physique commencée le plus tôt possible après le diagnostic, prescrite à tous les malades chroniques, et prise en charge par la collectivité permet une action bénéfique essentielle sur la santé du patient.

Dans un rapport de 820 pages présenté le jeudi 14 février, à l’occasion d’un colloque sport santé organisé à la BNF (Paris 13), auquel la F.F. Clubs Omnisports était présente, l’INSERM milite pour que l’activité physique soit enfin considérée comme une thérapeutique à part entière dans le traitement des maladies chroniques.

Depuis la loi de modernisation du système de santé de 2016, les médecins peuvent prescrire des séances d’activité physique à leurs patients. Ces derniers restent encore peu enclin à recourir à ce dispositif.

En outre, les créneaux d’activité physique adaptée ne sont pas remboursés par l’Assurance maladie (certaines mutuelles garantissent néanmoins le remboursement de leurs sociétaires en situation d’ALD, telle que la MAIF en partenariat avec V@si).

Le document de l’INSERM présente la synthèse & les recommandations issues des travaux du groupe d’experts, dans le cadre de la procédure d’expertise collective, pour répondre à la demande du ministère chargé des Sports concernant la prévention et le traitement des maladies chroniques par l’activité physique.

Ce travail s’appuie principalement sur les données issues de la littérature scientifique disponible lors du dernier trimestre 2016. Près de 1 800 documents ont été rassemblés à partir de l’interrogation de différentes bases de données (Medline, PsychINFO, BDSP, Cochranen Cairn, Saphir, Web of Sciences, Scopus).

Quelques données & recommandations apportées :

  • L’expertise collective s’est intéressée aux effets de l’activité physique sur dix maladies chroniques fréquentes telles que le diabète de type 2, la BPCO, l’asthme, l’insuffisance cardiaque ou encore l’obésité.
  • Un Français sur quatre souffre d’une maladie chronique (trois sur quatre après 65 ans)
  • 2,3 millions de personnes seront dépendantes en 2060, contre 1,2 million aujourd’hui
  • Enjeu majeur de santé publique, afin de diminuer la sévérité des maladies, leurs complications, leurs exacerbations, leurs récidives, leurs impacts sur la qualité de vie, sur les limitations d’activité ainsi que sur la dépendance
  • L’activité physique est un contributeur majeur de cette diminution
  • Nécessité de prendre en compte les bénéfices multiples de l’activité physique chez les personnes atteintes de pathologies chroniques à toutes les étapes du parcours de soin
  • La mise en oeuvre des recommandations d’activité physique devra veiller à ne pas aggraver les inégalités sociales de santé
  • Le niveau d’activité physique chez les patients est faible : peu de patients atteignent le niveau d’activité physique recommandé par l’OMS
  • Les patients les plus sévères sont les plus inactifs, pourtant les travaux mettent clairement en évidence une augmentation de la sévérité des atteintes, de la péri-morbidité, des coûts de santé, une baisse de la probabilité de survie.

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