Revue OmniSPORTS n°141 – Octobre 2017

Mi-septembre, chacun se réjouissait, parfois avec une certaine démesure, de l’attribution des Jeux Olympiques à Paris en 2024. Le gouvernement annonçait que « les JO seront catalyseurs pour aller chercher 3 millions de pratiquants supplémentaires, développer la pratique féminine et celle des personnes en situation de handicap »

Un mois après, nous sommes informés d’une baisse du budget sportif de 7 %, soit une diminution de 40 millions. De même, le CNDS (Centre National pour le Développement du Sport) verrait ses moyens baisser de 50 %. Et il faut ajouter à ces très mauvaises nouvelles les diminutions des dotations de la politique de la ville et la suppression des emplois aidés qui vont lourdement impacter les associations sportives. Ces propositions sont insupportables et injustes.

Mesure-t-on, en haut lieu, l’impact de cette décision brutale de réduction du nombre de contrats aidés pour la fin de l’année 2017 et l’année 2018 qui a été prise sans concertation ni préparation ? Elle laisse les acteurs du sport qui s’appuyaient sur ceux-ci pour mener certaines de leurs actions, tout particulièrement sur les enjeux sociétaux, sans solution de recours dans ce contexte budgétaire déjà très tendu qui impacte également notre principal financeur, les collectivités locales.

L’organisation des manifestations sportives demande des moyens de plus en plus importants car, en termes de secours et de sécurisation, les exigences ont fortement augmenté avec l’état d’urgence.

Au-delà même du sport, de nombreuses associations s’interrogent sur leur capacité à continuer à mener dans les prochains mois leurs actions de proximité au service des citoyens. Pourtant, les activités d’intérêt général qu’elles portent et développent au quotidien sont facteurs de solidarité, de lien social, de citoyenneté. Elles sont aussi créatrices d’activité économique au coeur des territoires, notamment les plus isolés ou délaissés.

Le tissu associatif sportif reste riche et diversifié : des bénévoles et des professionnels engagés, dévoués et enthousiastes font de leur mieux toute l’année pour proposer de multiples activités sportives ouvertes à tous. Ces associations font un travail remarquable notamment envers les publics les plus éloignés des pratiques sportives, avec des propositions tarifaires accessibles et des activités novatrices qui apportent du bien vivre ensemble et de la fraternité, valeur essentielle de notre République.

Va-t-on ainsi les décourager ? Créer les conditions pour qu’ils se désinvestissent ?

Ce cumul d’annonces négatives mises en place par le gouvernement met gravement en danger les clubs sportifs.

Comment faire encore mieux avec encore moins ? Ce n’est tout simplement plus possible.

Les clubs sportifs vont être obligés d’augmenter les coûts des adhésions, écartant ainsi toute une partie de la population des pratiques sportives, ils limiteront aussi les manifestations sportives qui permettent aux sportifs de se rencontrer et qui apportent beaucoup d’animation dans nos villes.

Il est encore temps de corriger le budget des sports, de revenir sur ces décisions, pour avoir une véritable politique sportive à la hauteur de l’ambition de réussir les JO 2024.

Gérard Perreau-Bezouille
Coprésident de la FFCO

Au sommaire de ce numéro

  • Dossiers : Émotion et pratiques sportives, les actualités de l’UNCU
  • Actualités : Echos de clubs, nouvelles des comités, actualité fédérale fédérale et portrait du CA Saint-Georges (89)
  • Infos juridiques : Infos des trésoriers, au J.O.,  Echos de justice, Questions / Réponse et Zoom sur « le bulletin de paie »