Revue OmniSPORTS n°142 – Décembre 2017

Les clubs sportifs sont  confrontés dans leur gestion à la baisse des subventions déclenchant une alerte sur leur équilibre financier à défaut de mettre en place une solution palliative.

Les clubs sportifs sont la base historique de la pratique sportive de compétition et de formation de la jeunesse.

Si cette pratique sportive reste l’apanage des clubs, elle s’accompagne de coûts croissants liés à la masse salariale des éducateurs sportifs, aux frais de déplacement et de stage et aux nombreuses cotisations fédérales.

Le développement tout de même assez récent d’une pratique sportive non compétitive liée à des objectifs de mode de vie, de santé, de convivialité et d’insertion contribue à l’existence d’une pratique dénommée de loisirs puis de santé.

Les enjeux économiques de cette pratique de sport santé, pour laquelle l’adhérent paie une cotisation volontaire, ont aiguisé l’appétit de structures commerciales ayant pris conscience de la rentabilité de mise en place de structures sportives destinées à la pratique des seniors sans avoir le poids de la formation des jeunes déjà
prise en compte par les clubs sportifs.

Un grand nombre de sociétés commerciales se sont développées au coeur des villes pour proposer ce sport santé dans des salles équipées d’un foisonnement de matériel de musculation. La réussite commerciale a été dans un premier temps au rendez vous.

Toutefois, la concurrence « sauvage » sur les tarifs de cotisation a amené des restrictions dans l’encadrement en éducateurs sportifs allant jusqu’à la présentation totalement virtuelle des cours. Dans ce cadre concurrentiel le club sportif doit prendre conscience que cette pratique du sport santé est une réponse au déséquilibre financier porté par la baisse des subventions.

Il dispose d’atouts importants représentés par son histoire et son ancienneté dans la cité et la présence d’éducateurs sportifs attachés au club, garants de la qualité du sport santé pratiqué. En structurant des installations (matériels et conditions d’accueil), en définissant un programme de sport santé, en impliquant ses éducateurs, le club peut défendre sa position dans cette « concurrence » avec les salles privées et trouver une nouvelle source de financement et d’implantation dans sa ville.

Cette offre de base de sport santé s’adresse à une population ayant pris conscience de l’importance d’une pratique sportive régulière favorable à son équilibre, à sa vie professionnelle et familiale et à plus long terme à l’augmentation de son espérance de vie. Acquérir une part du marché de ce sport santé doit être un objectif de gestion et de pérennité de nos clubs.

Mais le club n’oublie pas son rôle social dans notre société. Il le prouve en étant présent, avec l’appui de la FFCO et des structures ayant déjà adhéré à la mise en place d’une méthodologie, dans une politique de sport santé sur ordonnance, qui vous est décrite dans le présent numéro de notre revue. Cette action est complémentaire du sport santé traditionnel. Elle s’adresse à une population connaissant des problèmes de santé soit en prévention, soit en phase de maladie, soit en convalescence.

La pratique exige l’existence d’installations adaptées, la participation du corps médical et l’action d’éducateurs sportifs spécialement formés. Le stade expérimental démontre des taux de réussite très satisfaisants et l’avenir confortera la mise en place de cette méthodologie.

Toutefois, la participation par le club ne permet pas dans l’immédiat un retour financier sur l’investissement. Si on peut espérer un jour la prise en charge de la cotisation au club du patient par la CPAM ou la mise en place de subventions spécifiques, cette action citoyenne constitue une charge financière pour le club.

Mais le club sportif n’est pas une entreprise commerciale et son objet le porte à de telles actions, même s’il se doit d’être vigilant sur sa gestion financière pour assurer la continuité de ses actions traditionnelles de compétition pour les jeunes et la transversalité de ses actions en tant que club omnisports sur son territoire.

Patrick Baqué
Coprésident de la FFCO

Au sommaire de ce numéro

  • Dossiers : Omnisports et santé, hommage à J. Marchand
  • Actualités : Echos de clubs, nouvelles des comités, actualité fédérale fédérale et portrait de l’US Cenon (33)
  • Infos juridiques : brèves ministérielles, Infos des trésoriers, au J.O., Questions / Réponse et Zoom sur « la rupture du contrat de travail et le contentieux prud’homal au coeur des ordonnances Macron »