Le sport français est-il “olympique-dépendant” ? Dossier publié par SwiSport

A l’heure où le CNOSF se dote de nouveaux statuts qui confirment l’hégémonie des fédérations olympiques sur le collège des fédérations qui ne possèdent pas cette qualité, quatre chercheurs, Messieurs Jean-Paul Callède (sociologue au CNRS), Pierre Chifflet, professeur honoraire à l’Université Joseph Fournier à Grenoble, Dominique Charrier, maître de conférences à l’Université Paris-Sud XI et Yvon Léziart, professeur à l’Université Rennes 2, ont étudié ce déséquilibre majeur qu’ils ont constaté au cœur du système de gouvernance du sport français.

Dans cette étude, ces quatre chercheurs reviennent sur l’histoire du CNOSF, né de la fusion entre le Comité National des Sports (CNS) et le Comité Olympique Français (COF) en 1972. Selon les auteurs, “trois points sont à retenir : le CNOSF est une association dont les statuts prévoient, sur exigence du CIO, que les fédérations olympiques soient majoritaires ; le CNOSF bénéficie d’une reconnaissance d’utilité publique accordée par l’Etat pour coordonner l’ensemble des activités sportives ; “les sportifs autonomes” (non adhérents d’une fédération) ne sont pas “représentés” au sein du CNOSF”.

Ces chercheurs abordent ensuite la question de la représentation des fédérations au sein du CNOSF et constatent que “les représentants des fédérations olympiques imposent leur loi et leurs voix avec ce qui peut être considéré comme un scandaleux verrouillage des urnes, ajoutant ainsi, encore, à des conditions de fonctionnement parfois humiliantes pour celles et ceux qui militent en faveur d’un sport ouvert à tous : les représentants des fédérations multisports et affinitaires (FSCF, FSGT, UNSLL, FFCO, FFEPGV,…) et ceux des fédérations scolaires et universitaires (UFOLEP, USEP, UNSS, UGSEL, FNSU, UNCU)“.

Puis notent que “fortes de plusieurs millions de licenciés, elles accomplissent un travail remarquable. En leur sein, le renouvellement des générations d’éducateurs, de bénévoles et de pratiquants est à la mesure des défis à relever : démocratisation et féminisation des sports, émancipation culturelle des jeunes, diffusion de l’apprentissage associatif, lutte contre les discriminations, droit à la santé par les activités physiques pour tous les âges de la vie, enrichissement du lien social, protection de l’environnement, vieillissement de la démographie française, … Autant de repères et de facteurs à prendre en compte en ces temps d’incertitude”.

Un peu plus loin dans le dossier, ces chercheurs font donc valoir que “si l’ambition du CNOSF est de “faire du sport un élément central d’un projet de société”, on ne saurait négliger, voire mépriser, toutes les actions réussies, avec des aides publiques, qui irriguent la société grâce aux clubs omnisports, aux associations périscolaires et scolaires”.

Enfin, les auteurs terminent en rappelant qu”il existe une force de proposition permanente initiée à Montpellier en 1990 sous le nom d’Assises Nationales du Sport (ANS)”. Et en s’interrogeant :“Le mouvement des ANS, qui a pris aujourd’hui l’appellation de Comité National des Assises Permanentes du Sport (CNAPS), va-t-il enfin s’exprimer ? ” 

Ce rapport a été publié par SWI Sport et vous pouvez le retrouver en intégralité ici.