Les effets bénéfiques du Sport sur ordonnance

Les 14 et 15 octobre 2015, la ville de Strasbourg a accueilli les 1ères Assises Européennes consacrées à la prescription médicale d’activité physique, domaine dans lequel la ville fait figure de pionnière.

Lors de ces Assises, plusieurs ateliers ont été proposés afin que chaque participant puisse repartir avec les connaissances et contacts nécessaires à la bonne poursuite de son projet. Élus, territoriaux, médecins, étudiants, professions sanitaires et sociales : cette journée leur a apporté des réponses aux questions incontournables qui se posent lors de la mise en place d’un dispositif de prescription médicale d’activité physique (territoire d’intervention, financeurs, partenariats…).

La tenue de ces assises réaffirme la volonté forte du gouvernement de voir le texte sur la prescription médicale, qui sera débattue en 2ème lecture par les députés dans le cadre du projet de loi de modernisation de notre système de santé, mi-novembre, adopté.

En effet, Thierry Braillard, Secrétaire d’État aux sports, a eu l’occasion, lors de ces assises, de rappeler la politique ambitieuse « Sport-Santé » qu’il porte et qui est formulée autour de 2 défis :

– mieux lutter contre l’inactivité physique qui est la 4ème cause de mortalité dans notre pays, devant le tabagisme,

– mettre en place, sur les territoires, la prescription médicale de l’activité physique à des fins thérapeutiques.

Depuis 2012, un millier de patients strasbourgeois ont bénéficié des bienfaits du sport sur ordonnance, pour le traitement de leur maladie chronique (diabète, maladies cardiaques, cholestérol…).

Un amendement proposé par Valérie Fourneyron – ancienne ministre des Sports – dans le cadre de la loi Santé entendait faire de l’activité physique, un outil de plus à disposition des médecins pour compléter la prise en charge de leurs patients.

Cette mesure adoptée en première lecture par les députés, a été rejetée, à une voix près, par le Sénat lors de l’examen du projet de loi relatif à la Santé.

Un contretemps que l’ancienne ministre souhaite résoudre rapidement, en redéposant l’amendement lors de la dernière lecture de la loi Santé à l’Assemblé Nationale en novembre.

En tous les cas, de nombreux professionnels de santé ont recours à l’activité sportive en prévention ou en complément d’un traitement médical depuis que les effets bénéfiques d’une pratique sportive régulière sur l’évolution de certaines pathologies ont été démontrés.

Pour le Professeur Saillant, président-fondateur de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière et de Biarritz sport santé : « une pratique régulière d’exercices physiques permet de lutter efficacement contre les différentes formes de maladies chroniques, elle limite les récidives de cancers du sein, elle donne aux patients l’équilibre nécessaire à la guérison ou au minimum les aide à vivre avec leur maladie ».

Par exemple, à Suresnes, les praticiens de l’hôpital Foch, ont agi de concert pour proposer à des patients des programmes de suivi personnalisés.

L’objectif des soignants est de permettre aux patients de retrouver un état de forme optimal afin de mieux supporter les thérapies anti-cancer.

Pour Nicolas Barizien, médecin à l’hôpital Foch, la pratique d’une activité physique et un régime alimentaire adaptés permettent de « diminuer la sensation de fatigue éprouvée par les patients de 20 % avant une chimiothérapie, et de 40 % après ».

Aussi, pour Valérie Fourneyron, « donner une assise et une reconnaissance légales à la prescription médicale d’activités physiques adaptées est une opportunité à ne pas manquer » et ainsi faire de ce projet de loi Santé « le projet de loi de la prévention et de la démocratisation de l’éducation à la santé ».