Paris 2024 peine à boucler son budget de candidature

Le mois de février résonnant comme la date butoir dans le dépôt des candidatures pour l’organisation des JO 2024, il est temps d’appréhender les résultats de l’année écoulée dans la constitution du dossier parisien.    

Lancée en grande pompe en septembre dernier avec le soutien de nos grandes stars du sport (Tony Parker ou Teddy Riner, notamment), l’opération «  Je rêve des jeux » se révèle être un échec en comparaison aux chiffres espérés.

Estimée à 60 millions d’euros pour financer et organiser une bonne candidature, la cagnotte abondée à hauteur de 30 millions d’euros par les pouvoirs publics, comptait recueillir le soutien de la société civile en réunissant une somme estimée à 10 millions d’euros au titre des dons.

Or, à l’heure actuelle, le désaveu est total. Sur ces 10 millions, seuls 629.000 euros sont dans les caisses.

Pourtant, le CNOSF n’a pas lésiné sur les moyens afin d’attirer les donateurs en proposant une série d’offres :

  • commercialisation de bracelets « Je rêve des Jeux » à 2 euros,
  • lancement d’un SMS 2024 (0,65 euro par SMS + prix du SMS)
  • possibilité, moyennant 20,24 euros, de voir son nom figurer sur le mur virtuel du site officiel jerevedesjeux.com.

Par ailleurs, les 2.024 grands donateurs espérés pour donner 2.024 euros par an jusqu’à la désignation en 2017, ne sont malheureusement pas au rendez-vous. Les mécènes potentiels ne se bousculent pas.

Face à cette apathie générale et conscient du déficit de popularité de la campagne olympique, le CNOSF par l’intermédiaire de son Président Denis Masseglia étudie deux mesures : financer la candidature tricolore par l’impôt ou prélever un ou plusieurs euros sur chaque licence des fédérations olympiques.

Des mesures qui ne rencontrent pas l’adhésion de tous. Le président de la Fédération française de lutte, Alain Bertholom, témoigne de cette hostilité : « Nous ferons quelque chose par le biais d’actions volontaires initiées par les structures qui le souhaitent mais nous ne prélèverons pas d’argent sur les licences. Les pratiquants et les clubs sont déjà très sollicités financièrement et cela passerait mal. Et si c’était la fédération qui reversait cette somme sans augmenter le prix des licences, cela mettrait à mal notre budget. J’aimerais plutôt que les entreprises s’investissent comme partenaires. »

Aussi, seul un travail en concertation avec la base et donc dans un rapport horizontal engendrera un sentiment d’appartenance et une volonté de participation de la part de ses acteurs.

Un certain nombre de fédérations exhortent le mouvement sportif à plus de solidarité, ce qui passe inévitablement par la mise en lumière et en valeur des acteurs de terrain.

Dans cette perspective, vous pourrez retrouver dans le prochain numéro de notre revue fédérale « OmniSPORTS » les résultats de l’enquête portant sur la candidature de Paris pour l’organisation des JO 2024.