Etude MGEN/Kantar : Adolescentes & Sport, le grand décrochage

La MGEN et Kantar ont mené une étude complète sur le décrochage de la pratique sportive chez les adolescentes via des interviews de centaines de jeunes filles de 13 à 20 ans.

Partie du constat que seulement 51% des adolescentes poursuivent le sport après leurs 15 ans (UNESCO – 2024), la MGEN a souhaité mettre en lumière ce phénomène palpable mais peu expliqué.

L’étude dresse un bilan qui alerte concernant l’arrêt de la pratique chez les jeunes filles. D’après leurs données, « près d’une adolescente sur deux abandonne le sport par contrainte ». Ce n’est pas un choix individuel, libre et éclairé, mais un renoncement.

L’étude met en avant un certain nombre de facteurs clés qui peuvent expliquer cette tendance :

  • La « non prise en compte des spécificités du corps féminin » : la puberté comme point de rupture. Leurs corps changent et l’encadrement semble ne pas pouvoir s’adapter à cette évolution.
  • Un « regard social pesant » : des comportements déplacés, un sentiment d’insécurité, mal à l’aise dans les tenues…
  • Une « pratique peu accessible pour les filles » : moins de clubs féminin, des formats rigides
  • La « domination de la compétition » : l’obligation de progresser, peur d’être mise de côté, sentiment de jugement permanent.

Cet environnement global pousse régulièrement les jeunes filles à stopper leurs activités.

Malgré un bilan peu reluisant, l’étude met en avant des recommandations, parfois remontées par les adolescentes elle-même :

  • « Normaliser le cycle menstruel dans le sport » : arrêter les tabous.
  • « Créer des environnements bienveillants » : mettre les jeunes filles à l’aise, rappelant les valeurs clé du sport.
  • « Faire du sport un vecteur de bonne santé mentale » : valoriser le bien-être psychologique.
  • « Permettre la flexibilité« 
  • « Faciliter la découverte » : tester de nouvelles pratiques, favoriser l’interdisciplinarité
  • « Favoriser une mixité positive » : créer les conditions d’une mixité réussie et non subie
  • « Valoriser les athlètes féminines » : les modèles sont toujours inspirants.

Les associations sportives ont donc un rôle à jouer dans l’épanouissement de la pratique des adolescentes. Le constat est dur, mettant en avant une réelle problématique de santé publique à long terme, il ne doit pas nous décourager mais plutôt nous dynamiser pour un sport plus juste, inclusif et équitable.

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