Pour des APS pour chacun dans des équipements sportifs pour tous

Sur cet article, François-Emmanuel Vigneau, Architecte DPLG et docteur en géographie-aménagement, consultant en aménagement sportif des territoires et espaces sportifs et Président-fondateur de Sport Espaces Innovation SAS présente sa vision des aménagements et équipements sportifs sur les territoires.

Comme le rappelait fréquemment R o g e r Bonnenfant, chef du service des équipements sportifs au ministère de la jeunesse et des sports au début des années 1990 : les équipements sportifs ne sont pas une fin en soi ; ils constituent des outils au service de la pratique des activités physiques et sportives.

Or, au cours des dernières décennies, la pratique des APS s’est largement diversifiée. Outre l’apparition de nouveaux sports ou de nouvelles formes de pratique de sports traditionnels (sports de glisse, sports ludiques à effectifs et terrains réduits, sports « outdoor »…), les pratiquants se sont diversifiés : la vie sportive commence plus précocement et se prolonge jusqu’à un âge avancé, la pratique féminine se développe, les différences de taux de pratique entre catégories socio-professionnelles tendent à se réduire. Surtout, cette diversification des pratiquants s’est accompagnée de celles des motivations (recul de la compétition, recherche de la forme et/ou de la détente, du contact avec la nature …) et des modalités de pratique (majoritairement de manière auto-organisée).

Les pratiques auto-organisées ont suscité de nouveaux équipements pour la recherche du bien-être et du bien paraître (stations de musculation, salles privées de remise en forme…), ou pour les sports ludiques (terrains multisports, de foot à 5 ou de basket 3×3, pistes de padel…). Toutefois, la grande majorité de l’offre d’installations sportives reste conçue pour le déroulement des compétitions sportives, en particulier celle des adultes masculins.

Aujourd’hui, pour permettre l’accès du plus grand nombre à la pratique sportive, il convient de diversifier, à l’échelle d’un bassin de vie, voire d’un complexe sportif, les espaces de pratiques sportives en termes de sports praticables et de motivations de pratique.

Aujourd’hui, pour permettre l’accès du plus grand nombre à la pratique sportive, il convient de diversifier, à l’échelle d’un bassin de vie, voire d’un complexe sportif, les espaces de pratiques sportives en termes de sports praticables et de motivations de pratique. Pour autant, il s’agit de ne multiplier ni les équipements trop polyvalents (au détriment de leur adaptation aux besoins), ni ceux trop spécialisés (au risque d’une segmentation des pratiquants, ainsi que de lourds impacts économiques et environnementaux).

Dans un parc urbain au Chesnay-Rocquencourt (78) ©François-Emmanuel VIGNEAU

Les objectifs des projets d’équipements doivent être la fonctionnalité (l’adaptation de l’espace aux attentes des usagers auquel il doit bénéficier) mais aussi l’utilité sociale (la part de la population pouvant en bénéficier doit être la plus large possible), la cohésion sociale et la qualité environnementale. Pour ce faire, il est indispensable de partir d’une analyse fine des besoins, puis de rechercher à mutualiser les espaces entre plusieurs sports (« mutualisation horizontale ») et/ ou plusieurs objectifs de pratique (« mutualisation verticale »).

Par exemple, en matière de mutualisation horizontale pour le « sport-loisir », afin de favoriser les pratiques mixtes, intergénérationnelles et inclusives tout en optimisant l’utilisation de l’espace, les équipements multisports et multi-terrains « Pitch’One » présentent plusieurs aires sportives dont les parois de séparation sont équipées de buts et/ou de filets à trois niveaux différents. Ils permettent ainsi à la fois les sports de buts (basket-ball, football, handball…) et les sports de filet (badminton, pickleball, volley-ball…) qui empêchent les bousculades entre adversaires et atténuent les différences physiques entre joueurs.

Les objectifs des projets d’équipements doivent être la fonctionnalité (l’adaptation de l’espace aux attentes des usagers auquel il doit bénéficier), mais aussi l’utilité sociale (la part de la population pouvant en bénéficier doit être la plus large possible), la cohésion sociale et la qualité environnementale.

En matière de mutualisation verticale, les « espaces de formation et de préparation athlétiques » contribuent à la fois au « sport-santé », à l’éducation physique et sportive et à l’accès au sport de haut niveau. Ils sont composés : de plusieurs boucles de longueur et de difficultés variées sur un sol souple constitué d’écorces d’arbres (« pistes finlandaises ») pour développer les capacités cardiorespiratoires tout en limitant les microtraumatismes, d’agrès de renforcement et d’étirements musculaires regroupés sous un espace couvert, et de pistes en ligne droite de longueur, de revêtement et d’inclinaison variés pour l’apprentissage de l’athlétisme et l’amélioration des qualités neuromusculaires. Ainsi, ces espaces peuvent accueillir de très nombreux pratiquants aux motivations diverses : adeptes de sport-santé, ensemble des sportifs en phase de préparation physique, athlètes, scolaires…

Ces exemples montrent qu’il est possible de satisfaire les aspirations à la pratique sportive d’une large population, de contribuer à la cohésion sociale, à l’épanouissement individuel et à la santé publique, tout en minimisant les impacts économiques et environnementaux.

écrit par François-Emmanuel VIGNEAU Architecte DPLG et docteur en géographie-aménagement

Consultant en aménagement sportif des territoires et espaces sportifs

Président-fondateur de Sport Espaces Innovation SAS

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